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Les dattes et leurs secrets

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   À l’approche du mois de Ramadan, le musulman se prépare à jeûner et à profiter au maximum des bienfaits de ce mois béni. Parmi les traditions liées à ce mois figure la rupture quotidienne du jeûne avec des dattes.

Ce fruit oblong et charnu pousse sur le palmier-dattier sous forme de régimes. Allâh mentionne cet arbre à plusieurs reprises dans le Coran et fera de ses fruits une nourriture pour les gens du paradis. Le Prophète en mangeait souvent et invitait tous les musulmans à en consommer.

   Mais pourquoi le choix du Prophète s’est-il porté sur les dattes ? Etait-ce parce qu’il était pauvre et que ces fruits étaient abondamment produits en Arabie ? Certes non, la datte est un fruit béni qui renferme des nutriments essentiels au bien-être de tous. Sans oublier qu’elle est à elle seule un remède à une foultitude de maux !

La datte dans le temps

    Le dattier (Phoenix dactylifera) est l’un des palmiers les plus cultivés dans le monde (avec le palmier à huile et le cocotier). Ses origines se situent dans le bassin de l’Euphrate, où il est cultivé depuis au moins six mille ans : c’est donc l’un des plus anciens arbres fruitiers domestiqués par l’homme. La phéniciculture s’est ensuite répandue dans toute l’Afrique du Nord et vers l’est jusqu’en Inde.

   Le terme « datte » est apparu au 13ème siècle. Il vient du mot latin dactylus, lui-même emprunté au grec dactylos qui veut dire « doigt », en rapport avec sa forme.Phoenix est le nom latin du palmier ; il provient soit de « Phénicie » soit de « phénix », oiseau mythique de l’Egypte ancienne. De ce terme découlent les mots « phéniciculture », « phéniciculteur », etc.

   Selon certaines sources, les civilisations sumérienne et babylonienne ne se seraient pas aussi épanouies sans la présence du dattier, et l’expansion de l’homme dans les déserts arides n’aurait pas été aussi considérable.

   Le palmier-dattier est en effet l’une des rares plantes à survivre dans le climat inhospitalier du désert, et les nomades le considéraient comme un « arbre de vie », puisqu’il leur fournissait leur alimentation de base. La datte était majoritairement consommée sèche et constituait ainsi une source d’énergie concentrée : un kilogramme de dattes sèches fournit effectivement 3000 kilocalories à l’organisme. Ces populations en consommaient 200 kg par an et par habitant en y associant lait, fromage, beurre ou yaourt pour équilibrer leurs repas.

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   Outre les fruits qu’il offrait, le dattier se révélait être une matière première appréciable pour divers emplois : le tronc servait à la construction des habitations ; la base dense des palmes s’utilisait pour fabriquer du mobilier, des caisses et autres objets utilitaires, et même comme bois de chauffage ; les feuilles entraient dans la confection de chapeaux, paniers, éventails, etc. ; les fibres participaient à la réalisation de cordages et les noyaux servaient à nourrir les animaux ou à réaliser des bijoux.
Grâce au dattier, les populations du désert purent vivre en quasi autarcie tout en couvrant la majorité de leurs besoins.
À partir du 20ème siècle, avec le développement des transports, les oasis s’ouvrirent au reste du monde et se fournirent en produits fabriqués dans d’autres régions. Très vite le plastique remplaça les palmes, les feuilles et le bois utilisés dans la fabrication des objets de la vie courante, si bien que le palmier-dattier est aujourd’hui principalement cultivé pour ses fruits.

   Avec une production mondiale d’environ sept millions de tonnes par an, la datte se place en cinquième position pour les fruits en provenance de régions arides après les agrumes, la mangue, la banane et l’ananas ; et en première place pour les fruits secs avant le raisin, la figue et les pruneaux. En 2006, parmi les 34 pays qui cultivent la datte figurent l’Iraq (21,5 millions de palmiers), l’Arabie Saoudite (12 millions), l’Egypte (11 millions), le sultanat d’Oman (8 millions), l’Algérie (7,5 millions), la Lybie (7 millions), le Soudan (4,7 millions), la Tunisie (4,5 millions) et le Maroc (4,4 millions).

La datte et ses bienfaits nutritionnels

    La datte est un fruit à noyau hautement énergétique et facile à consommer : elle peut être mangée fraiche ou séchée. Il en existe environ 200 variétés.

   Fraîchement cueillie, la datte fournit une portion de glucides, de minéraux et de fibres nettement supérieure à un fruit frais traditionnel : son apport calorique peut atteindre 118 kcals pour 100 g contre 50 à 70 kcals pour un autre fruit. Sa teneur en eau oscille entre 65 et 70%.

   La palme d’or revient toutefois à la datte partiellement déshydratée, car cette dernière apporte environ 282 kcals pour 100 g. Elle ne contient alors plus que 15 à 20% d’eau en moyenne. Sa haute teneur en glucides (entre 64 et 69%) en fait un aliment de choix pour les sportifs, les glucides étant le carburant des tissus musculaires.

Au-delà de son aspect ultra-énergétique, la datte est un aliment riche en nutriments essentiels au bien-être quotidien :
- elle offre des minéraux et des oligo-éléments en quantité remarquable. Elle en contient entre 1,5 et 1,8%, soit deux à trois plus que dans les fruits frais. La datte figure parmi les fruits les plus riches en potassium (plus de 670 mg aux 100 g) ― ce qui est très intéressant pour les sportifs et les personnes âgées ―, en calcium (62 mg), en magnésium (58 mg) et en fer (3 mg) ; une portion de 50 g de dattes fournit à peu près 10% des besoins quotidiens en fer et en magnésium. Elle renferme également du manganèse, du zinc et une quantité intéressante de cuivre : ce dernier participe à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine nécessaire à la structure et à la réparation des tissus) dans le corps. D’autres enzymes composées de cuivre participent aussi à la défense de l’organisme contre les radicaux libres responsables du déclenchement du cancer.
- La datte fraiche contient une forte concentration en antioxydants. Ces derniers aident également à neutraliser les radicaux libres et les autres substances issues de réactions d’oxydation qui s’associent à d’autres molécules et les dégradent. La datte sèche en renferme une quantité appréciable, quoique plus faible. Ces antioxydants consommés régulièrement diminuent les risques de maladies cardio-vasculaires et certains types de cancers.
- La datte procure une portion intéressante de fibres. Quatre dattes fournissent entre 2 et 4 g de fibres, soit entre 5 et 8% de l’apport journalier recommandé. Les fibres insolubles (non absorbées par les intestins) agissent directement sur le transit et les fibres solubles jouent un rôle dans la réduction du taux de cholestérol et par conséquent aident à réduire les risques de maladies cardio-vasculaires.
- Elle contient une ration de fluor suffisante pour protéger les dents des caries.
- Son taux de protides atteint 2,5% dans le fruit sec contre 1% maximum dans le fruit frais. Par contre, son pourcentage de lipides reste extrêmement faible (<1%).
- Lorsqu’elle est séchée, son apport en vitamines du groupe B est remarquable : vitamine B3 (1,7 mg), vitamine B5 (0,8 mg), vitamine B6 (0,15 mg) et vitamine B2 (0,10 mg). En revanche, la vitamine C diminue considérablement (2 mg contre 15mg dans le fruit frais).

Conservation

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  Les dattes sont récoltées à trois stades différents de leur maturation : fraiches, semi-sèches et sèches.

   Les dattes fraiches sont fragiles et se gardent au réfrigérateur dans un récipient hermétique, car elles absorbent facilement les odeurs.

   Une fois séchées, les dattes se conservent très bien : c’est grâce à leur haute teneur en sucre et à leur faible proportion en eau qu’elles peuvent tenir à température ambiante, à l’abri de la lumière et dans un endroit sec pour prévenir tout développement de moisissure. Grâce à ces conditions de conservation, il est possible de consommer des dattes tout au long de l’année et de profiter de ses bienfaits jour après jour.

Un remède pour tous au quotidien

Pour la future maman :

   Avant la naissance, il est recommandé aux femmes enceintes de manger des dattes. Ces fruits stimulent en effet l’utérus en augmentant et en régulant les contractions qui facilitent l’accouchement. L’utérus est un organe musculaire qui requiert d’urgence un apport conséquent en glucose durant le travail et l’accouchement.

   Grâce à leur effet laxatif, les dattes sont un aliment essentiel pour les femmes enceintes avant l’accouchement, car elles purgent le colon et les intestins et simplifient ainsi l’accouchement. Maryam, mère de ‘Îssâ , en a expérimenté les bienfaits en suivant les conseils d’Allâh : « Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc et bois, et que ton œil se réjouisse ! […]», s.19 Maryam, v.25-26.

Pour les enfants en bas âge :

   Il y a quatorze siècles, le Messager de Dieu donnait déjà des dattes aux nourrissons ; il pratiquait le « tahnîk : التَّحْنيِك » : à chaque fois qu’un nouveau-né lui était présenté, il lui frottait l’intérieur de la joue et le nourrissait avec une datte qu’il avait bien mâchée auparavant. Aboû MoûssâMouslim.]

   Les propos de ‘Â’icha corroborent ce qui précède : « On apportait les nouveau-nés à l’Envoyé d’Allâh pour qu’il les bénisse et qu’il leur frotte l’intérieur de la bouche avec une datte mâchée. » [Rapporté par Mouslim.]

   Une étude a prouvé sans conteste les bienfaits de donner du sucre à un nourrisson : cette pratique réduit notablement la souffrance ressentie lors d’une intervention douloureuse ainsi que le rythme cardiaque du bébé. Avec une telle conduite, le Prophète n’a-t-il pas été envoyé pour soulager l’humanité et répandre la miséricorde de Dieu sur Terre ? rapporte : « Je venais d’avoir un enfant. Je le portai au Prophète qui lui donna le nom d’Ibrâhîm. Le Prophète mâcha une datte, puis la prit entre ses doigts et en frotta l’intérieur de la bouche du bébé. » [Rapporté par

   Le sucre contenu dans les dattes s’absorbe et se digère facilement, il ne présente aucun danger pour l’estomac et les intestins des jeunes enfants. Le jus de dattes mixé avec du lait constitue une boisson très nourrissante et fortifiante pour les petits et même pour les grands.

   Une pâte composée de dattes et de miel s’avère être très efficace pour traiter la diarrhée et la dysenterie (inflammation intestinale caractérisée par des selles glaireuses et sanguinolentes) chez l’enfant si elle est prise trois fois par jours. Cette pâte apaise et renforce les gencives au moment de la poussée dentaire et en facilite le processus.Il est conseillé de choisir des dattes de bonne qualité, de les laver soigneusement avant de les préparer et les présenter aux enfants.

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Un traitement efficace contre la constipation :

   Les dattes agissent efficacement sur les troubles intestinaux. Elles aident les intestins à retrouver leur fonction initiale tout en favorisant l’implantation de bactéries « saines ». C’est la teneur élevée en fibres solubles (43%) et en fibres insolubles (57%) contenue dans les dattes qui stimule le transit. En effet, les fibres insolubles retiennent l’eau dans le colon et augmentent le volume et le poids des selles, ce qui accélère le transit et facilite l’évacuation. L’idéal consiste à immerger les dattes dans de l’eau toute une nuit durant, et de boire le jus issu de la macération pour garantir un effet laxatif.

Un remède contre la débilité sexuelle :

   Le sirop de datte est une médication intéressante pour traiter l’insuffisance cardiaque et les troubles sexuels. En mixant les dattes avec du miel et du lait, on obtient un fortifiant naturel efficace pour soigner les problèmes sexuels masculins et féminins. Un tel breuvage tonifie le corps et augmente son énergie ; il peut même être utilisé par les personnes âgées, car il améliore leur endurance et purge le corps des toxines accumulées dans leurs cellules.

L’aliment idéal des jeûneurs :

   Il est intéressant de noter que les médecins occidentaux recommandent aux patients qu’ils traitent par le jeûne de rompre leur diète en consommant des fruits (pour leur sucre naturel) et de l’eau. Comme l’indice glycémique de la datte est élevé, elle est ― avec l’eau ― l’aliment le plus approprié pour les jeûneurs, car son sucre est rapidement absorbé par l’organisme. Le Prophète détenait déjà cette information au septième siècle, puisqu’il invitait ses coreligionnaires à rompre leur jeûne avec ce fruit. Salmân Ibnou ‘Amr rapporte les dires du Messager : « Si l’un d’entre vous veut rompre le jeûne, qu’il le fasse avec des dattes parce qu’elles sont une bénédiction, et s’il ne trouve pas de dattes, qu’il rompe le jeûne avec de l’eau, car elle est une purification. » [Rapporté par Aboû Dâwoûd et At-Tirmidhî.]

   En rompant le jeûne avec des dattes, le musulman apaise immédiatement sa faim et diminue subséquemment la quantité de nourriture ingérée. Le jeûne ainsi pratiqué révèle toute son utilité et son efficacité : il est le meilleur moyen pour débarrasser le corps des toxines ; et grâce aux dattes, l’organisme est préservé de la fatigue et de la faiblesse qui résultent de l’accumulation de produits chimiques et de métaux lourds dans ses cellules.

Une réelle solution contre l’obésité :

   La large gamme d’éléments nutritifs contenus dans la datte fait de ce fruit un véritable coupe-faim. Lorsque l’on considère que la cause de l’obésité se résume en une sensation de faim persistante qui pousse le sujet à consommer des quantités excessives d’aliments trop gras ou trop sucrés, il est évident que manger quelques dattes inhibe rapidement cette sensation. D’ailleurs, le Prophète s’est exprimé dans ce sens : « Les occupants d’une maison qui contient des dattes n’ont jamais faim. » [Rapporté par Mouslim.]

Un antidote naturel contre les intoxications :

   L’Envoyé de Dieu déclare : « Celui qui commence sa journée par manger sept dattes ne sera lésé ni par un poison ni par un envoûtement. » Dans une variante, il dit : « Quiconque mange, chaque matin, sept dattes de ces deux plaines (de Médine) [couvertes de pierres noires] ne sera atteint par aucun poison jusqu’au soir. » [Rapporté par Mouslim.]

   Sept dattes pèsent environ à 70 g, ce qui apporte une quantité satisfaisante de minéraux et de vitamines pour l’organisme. Cette portion est également suffisante pour débarrasser le corps des toxines. L’accumulation de produits toxiques est d’autant plus importante de nos jours avec l’intensification de la pollution de l’eau, de l’air et des aliments. Le hadîth fait implicitement référence aux substances nocives : le danger qu’elles représentent pour le corps est réduit par la consommation régulière de dattes.

   Il y a quatorze siècles, le Prophète avait déjà vanté les mérites du fruit providence qu’est la datte. ‘Â’icha relate : « Il nous arrivait, nous la famille de Mouhammad, parfois de rester un mois sans faire de feu (pour cuisiner) puisque nous n’avions que des dattes et de l’eau (pour toute subsistance). » [Rapporté par Mouslim.]
Elle constituait la principale nourriture des musulmans, mais cela n’entrava aucunement leur expansion, bien au contraire ! La composition originale de la datte la distingue franchement des autres fruits, et certaines études la désignent même comme étant un aliment d’avenir.

   D’ailleurs, ce fruit hors du commun n’a pas fini d’étonner : un éthanol non polluant fabriqué à partir de dattes va bientôt voir le jour en Algérie. Mélangé aux carburants dans une proportion de 2 à 5%, le nakhoil est capable de réduire de 30% les émissions de monoxyde de carbone dans l’atmosphère. Ce rôle d’additif dépolluant est une bénédiction pour la planète ; une preuve supplémentaire du caractère exceptionnel de la datte, fruit préféré du Prophète !

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