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Le Prophète (SAW) a dit : « La meilleure prière après la prière obligatoire est la prière nocturne ». [Rapporté par Mouslim.]
t21

Le pommier du petit garçon

Espace jeunesse



 
            Il y a très longtemps de cela, un immense pommier se dressait au milieu d’un champ. Un petit garçon venait tous les jours s’amuser autour de cet arbre. Il grimpait jusqu’à son sommet, mangeait ses pommes, faisait la sieste sous son ombre… bref, il appréciait beaucoup ce pommier et l’arbre aimait également jouer avec l’enfant.
Mais le temps a passé et le petit garçon avait grandi ; il ne jouait plus autour de l’arbre comme autrefois.


        U
n jour, l’enfant revint près de l’arbre, l’air triste.
     « Viens jouer avec moi, lui dit le pommier.
     ― Je ne suis plus un petit garçon, je ne joue plus autour des arbres, répondit l’enfant. 
J’aimerais avoir des jouets, mais j’ai besoin d’argent pour les acheter.
     ― Je suis désolé, je n’ai pas d’argent…, mais tu peux cueillir tous mes fruits et les vendre pour constituer la somme nécessaire à tes achats. »
L’enfant, tout excité, saisit toutes les pommes de l’arbre et s’en alla gaiment. Il ne revint pas voir le pommier après avoir ramassé ses fruits ; l’arbre était triste. 

033

            Quelques années plus tard, l’enfant qui était devenu un homme réapparut au pied de l’arbre, ce qui remplit de joie le grand végétal.
     « Viens jouer avec moi, lui lança le pommier.
     ― Je n’ai pas le temps de jouer. Je dois travailler pour subvenir aux besoins de ma famille et nous avons besoin d’une maison où nous loger, peux-tu m’aider ?
     ― Désolé, je n’ai pas de maison, mais tu peux couper mes branches pour bâtir ta demeure. »
Le père de famille tailla tout le branchage du pommier et s’en alla gaiment. L’arbre fruitier se réjouissait de le voir heureux, mais l’homme ne revint plus le voir. Le pommier était à nouveau seul et mélancolique.
 

            Par une journée d’été caniculaire, l’homme qui avait atteint un âge avancé se présenta au pommier. L’arbre fruitier, enchanté par cette visite-surprise, invita son ami à jouer avec lui.
    « Je ne peux pas, je prends de l’âge. J’aimerais voyager en bateau pour me divertir un peu. Aurais-tu une barque pour moi ?
     ― Utilise mon tronc pour construire ton bateau. Tu pourras naviguer vers des contrées lointaines et être heureux. »
Ainsi l’homme coupa le tronc du pommier et construisit son embarcation. Il partit en mer et disparut pour un long moment, esseulant le vieil arbre dans sa tristesse.
 

            Finalement, l’homme revint après plusieurs années.
     « Désolé mon enfant, mais je n’ai plus rien à t’offrir, je n’ai plus de pommes…, dit l’arbre.
     ― Ne t’inquiète pas, je n’ai plus de dents pour croquer, répliqua le vieil homme.
     ― Je n’ai plus de tronc pour que tu grimpes comme autrefois…
     ― Je suis trop âgé pour cela.
     ― Je n’ai vraiment plus rien à te donner… excepté mes racines à l’agonie, prononça le pommier entre deux sanglots.
     ― Je n’ai plus besoin de rien maintenant si ce n’est un endroit où me reposer. Je suis fatigué après toutes ces années de labeur.
     ― C’est parfait alors, les racines défraîchies sont le meilleur endroit pour s’allonger et se délasser. Viens, viens, assieds-toi près de moi et détends-toi. »


035

Le vieil homme s’installa au pied du pommier, ce qui remplit de joie le cœur du végétal qui ne pouvait retenir ses larmes.
 

            Ce récit parabolique est celui de chaque enfant. Dans sa jeunesse, le petit aime beaucoup jouer avec son papa et sa maman… Puis il grandit et quitte le cocon familial. Il ne revient voir ses géniteurs qu’en cas de besoin ou de souci. Quelle que soit la requête de leur progéniture, les parents répondent toujours présent et donnent tout ce dont ils disposent pour rendre leur enfant heureux.
 

        Depuis sa plus tendre enfance et jusqu’à un âge fort avancé, le personnage humain de cette histoire entretient une relation privilégiée avec le pommier, dont il profite aisément et de façon complètement naturelle. Son attitude est évidemment inacceptable puisqu’il ne se soucie guère du bien-être de l’arbre fruitier, privilégiant l’assouvissement de ses propres désirs.
 

       Tout comme ce personnage, les enfants ne savent pas toujours apprécier les sacrifices de leurs parents à leur juste valeur et se montrent ingrats envers eux. Le petit musulman, lui, a bien compris l’enseignement coranique qui l’encourage à se comporter de la meilleure des façons envers ses père et mère : « Et ton Seigneur a décrété : “N’adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point : ‘Fi !’ Et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : ‘Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit.’” », s.17 Al-Isrâ’ (Le Voyage nocturne), v.23-24. 

وَقَضَىٰ رَبُّكَ أَلَّا تَعۡبُدُوٓاْ إِلَّآ إِيَّاهُ وَبِٱلۡوَٲلِدَيۡنِ إِحۡسَـٰنًا‌ۚ إِمَّا يَبۡلُغَنَّ عِندَكَ ٱلۡڪِبَرَ أَحَدُهُمَآ أَوۡ كِلَاهُمَا فَلَا تَقُل لَّهُمَآ أُفٍّ۬ وَلَا تَنۡہَرۡهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوۡلاً۬ ڪَرِيمً۬ا (٢٣) وَٱخۡفِضۡ لَهُمَا جَنَاحَ ٱلذُّلِّ مِنَ ٱلرَّحۡمَةِ وَقُل رَّبِّ ٱرۡحَمۡهُمَا كَمَا رَبَّيَانِى صَغِيرً۬ا

Ainsi, l’unicité d’Allâh est directement liée au bon comportement à l’égard des parents. C’est dire l’importance accordée aux géniteurs !
 

          Nul besoin de longs discours : patience, disponibilité, écoute et bienveillante sollicitude constituent les qualités de base pour s’occuper au mieux de ses parents et espérer gagner leur agrément. Que Dieu aide chaque enfant à développer la meilleure conduite envers ses père et mère, et ce, que l’on soit haut comme trois pommes ou dans les pommes cuites !

 

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