La perdition du buveur d’alcool

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   L’histoire qui va être relatée est issue des récits prophétiques authentiques.Le thème abordé est celui de la dangerosité de l’alcool — qui n’est plus à démontrer de nos jours. Apparemment,

le personnage principal de ce récit n’a pas su estimer à sa juste mesure la nocivité de la boisson ; mal lui en prit, voici pourquoi…

   Un homme s’était isolé du monde pour se vouer à l’adoration de Dieu. Or, une femme égarée s’était éprise de lui. Elle ourdit un plan pour l’amener à elle. C’est ainsi qu’elle lui envoya sa servante avec ce message : « Nous te convoquons pour un témoignage. »

   Sans se méfier aucunement, le dévot prit la route avec la domestique jusqu’au domicile de la solliciteuse. A chaque fois qu’ils franchissaient une porte, la servante la verrouillait derrière lui…

   Ils aboutirent finalement dans une pièce où les attendait une femme à la beauté éclatante. Mais elle n’était point seule : un enfant se tenait à ses côtés, et elle avait à sa proximité un récipient rempli de vin. Elle dit alors au dévot : « Par Dieu ! Je ne t’ai assurément pas convoqué pour un témoignage, mais je t’ai convoqué pour que tu aies commerce charnel avec moi ou que tu boives un verre de ce vin ou que tu tues cet enfant. »Il lui rétorque alors : « Verse-moi donc un verre de ce vin ! »Elle lui en servit un. Il but… « Rajoutez-m’en ! », lança-t-il. Et il ne cessa de s’imbiber encore et encore de la boisson enivrante jusqu’à ce que la raison le quittât, qu’il succombât au péché de la chair avec sa tentatrice et qu’il tuât l’enfant !

   Cette malheureuse histoire est rapportée par An-Nassâ’î (entre autres) d’après ‘Abdarrahmâne Ibnou Al-Hârith, qui la tient de son père. A chaque fois, elle ne laisse pas indifférents ses auditeurs. Une autre version existe aussi.

   At-Tabarânî raconte ainsi dans Al-Awçat, d’après ‘Abdoullâh Ibnou ‘Amr, qu’Aboû Bakr As-Siddîq (Da), ‘Omar Ibnou Al-Khattâb (Da) et des hommes parmi les compagnons du Prophète s’étaient réunis après la mort du Messager d’Allâh, et ils avaient évoqué le plus grave des grands péchés. Leur discussion n’aboutit guère : ils ne surent déterminer quelle faute parmi les plus terribles était la pire.

   Alors ‘Abdoullâh Ibnou ‘Amr fut envoyé auprès de ‘Abdoullâh Ibnou Al-‘Âs pour l’interroger. Le sollicité informa le visiteur que le péché gravissime est la consommation d’alcool.

   Revenu auprès de ses compagnons, ‘Abdoullâh Ibnou ‘Amr leur délivra la réponse, mais ils le désapprouvèrent et tous décidèrent de se rendre illico presto chez ‘Abdoullâh Ibnou Al-‘Âs pour entendre sa preuve.

   ‘Abdoullâh Ibnou Al-‘Âs leur relata alors cette parole du Prophète : « Il y avait un roi, parmi les fils d’Israël, qui a capturé un homme. Il lui a fait choisir entre boire du vin, tuer un nourrisson, forniquer, manger de la viande de porc ou être tué s’il refusait. L’homme a donc choisi de boire du vin. Lorsqu’il a bu, il ne s’est interdit aucune chose qu’ils ont voulue de lui. »

   Et ‘Abdoullâh Ibnou Al-‘Âs d’ajouter : « Alors le Messager de Dieu nous a dit, à ce moment-là : « Il n’y a pas un de vous qui en boit sans que sa prière ne soit plus agréée pendant quarante jours ; et s’il meurt et qu’il en a des traces dans sa vessie, sans que le paradis ne lui soit interdit. S’il meurt dans les quarante jours, il est mort d’une mort de l’époque de l’ignorance. »

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Quelles sont les leçons à tirer de ces deux versions ?

1) Dans les deux cas, l’homme a sous-estimé la gravité du péché de la boisson et le pouvoir destructeur de l’alcool ;

2) Dans la première version, le dévot pensait que l’isolement le rendrait plus fort spirituellement face aux épreuves. Or, en se privant du côtoiement de ses semblables, il s’est privé de la science et des expériences d’autrui et du groupe : il est devenu plus naïf au point de ne pas voir le piège se refermer lentement sur lui ; au point de ne rien connaître des effets de l’alcool sur l’organisme humain. N’est-il pas dit dans l’Islam que le musulman fort est celui qui vit parmi ses concitoyens en supportant leurs méfaits ?

3) L’alcool entraîne l’autodestruction du buveur, mais ses méfaits se répercutent également sur l’entourage proche : la pièce fermée, l’homme, la femme, et l’enfant peuvent symboliser une cellule familiale nucléaire. Les horribles péchés dans lesquels tombent en général celui ou celle qui s’adonne à la boisson sont la luxure et la violence (ici, le meurtre).

4) Pour ce qui est de la deuxième version, les conséquences de la consommation d’alcool sur la prière et le devenir du pécheur sont terribles, voire fatales. S’il ne s’agissait pas d’ignorance et de faiblesse, comment comprendre que certains croyants puissent y recourir ? Ô croyants, n’oubliez pas ! : l’alcool prend l’homme dans un palais et le jette dans un ruisseau… et cela est un moindre mal par rapport à ce qui l’attend dans l’au-delà…

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